Les Crawling Shinos

Les Crawling Shinos sont des techniques céramiques issues de la recherche contemporaine sur les émaillages de type Shino.

Développés au Japon, les Shinos traditionnels sont des céramiques à la glaçure épaisse, d'un blanc laiteux satiné présentant une texture caractéristique à petits picots (suana) laissant transparaître des colorations sous jacentes rouges orangées et des taches grises ou noires.

Ces Shinos qui datent de l'époque Momoyama (1568-1600) sont les premières glaçures blanches japonaises qui voient le jour. Leur production est associée à l'usage des fours en tranchées à chambre unique couverte d'un toit de terre. La généralisation de l'usage des fours à chambres multiples au début du XVIIe siècle sonne leur déclin. Ils sont rapidement supplantés par les émaux de style Oribe aux décors verts et brillants utilisés dans les nouveaux fours.

Les recherches récentes des céramistes ont contribué à la renaissance du style Shino par la mise au point de nouvelles recettes d'émaillage. On peut notament citer Toyozo Arakawa et Tokuro Kato qui produisent les premiers Shino Modernes au Japon, entre 1930-1940 et Virginia Wirt qui, en 1974, développe, dans le Minnesota, le premier American Shino.

Actuellement, les Shinos Modernes s'orientent dans des directions variées qui renouvellent la palette de l'aspect final. L'apparence laiteuse ne dévoile plus toujours la coloration rouge orangée primitive qui fait place à d'autres couleurs et la glaçure peut présenter des textures différentes de celles données par les trous et les picots. C'est ainsi que dans la technique du Crawling Shino, sont délibérements provoqués craquelages et retraits qui mettent l'argile sous jacente à nu, les retraits d'émail pouvant même être poussés jusqu'à un perlage complet de l'émail sur toute la surface de la céramique.